Aller au contenu

Habilux, La Halle de Han et le Futur Simple – La motivation, ça se trouve où?

SOUPES_lux

Coordonner les équipes, trouver l’équilibre financier, gérer les imprévus, remplir les formations… Mais aussi ne pas oublier la finalité sociale de son entreprise, penser équité, entretenir un sentiment de bien-être… Le quotidien des responsables de CISP est rythmé par l’opérationnel et la volonté de faire vivre les valeurs chères à leur entreprise d’économie sociale. Pour être toujours au top, comment rester soi-même motivé? Comment être le moteur qui anime les équipes ou les partenaires?

 

Ce sont des questions que se sont posées trois responsables de CISP (Centres d’insertion socioprofessionnelle) actives dans le secteur de l’Horeca en Province du Luxembourg. Habitués à échanger et à se rencontrer, c’est tout naturellement que Habilux, La Halle de Han et le Futur Simple, trois Entreprises de formation par le travail (EFT), ont rejoint la plateforme Horeca initiée par SAW-B.

 

Une plateforme sectorielle qu’est-ce que c’est ?

Une plateforme sectorielle est un moment de rencontre et de partage entre entreprises d’économie sociale autour des marchés publics et des clauses responsables. Un moment suspendu dans le rythme effréné des journées des responsables d’entreprise d’économie sociale. Un lieu pour s’inspirer, prendre du recul sur ce que vit leur entreprise, trouver des solutions déjà testées ailleurs, prendre connaissance des marchés publics actuels, avoir des idées de développement commercial… Et aussi, parfois, de grandir ensemble!

 

Grandir ensemble !

Sous l’impulsion d’une animation de SAW-B, Anne Mernier d’Habilux a proposé l’idée de travailler ensemble. Elle avait une envie : montrer que le secteur pouvait coopérer. Les idées fusent alors entre les trois entreprises. «Qu’est-ce qui nous unit? La cuisine, les stagiaires… ce sont des excellents dénominateurs communs!» «OK, mais alors on utilise des produits frais et locaux. Le circuit-court, c’est indispensable pour nous!» «Et si on réutilisait? Oui, mais quoi? Des légumes? Oui, mais les invendus des maraichers alors ou leur surplus…» Et voilà comment trois entreprises décident de créer une filière soupe dans la Province du Luxembourg.

Accompagnées par l’équipe «animation et développement économique» de SAW-B, les trois entreprises sont actuellement en train de modéliser leur projet. Il reposerait sur une recette élaborée en commun et chaque entreprise produirait de la soupe au sein de sa structure avec ses stagiaires. L’approvisionnement, le stockage, la commercialisation seraient, eux, mutualisés.

 

Qu’est-ce qui est motivant pour un·e chef·fe d’entreprise ?

Quand on les interroge sur ce qui les enthousiasme, Isabelle Houtart de La Halle de Han répond : « Ce qui m’a motivé au départ, c’est l’idée de ne pas s’encroûter, d’envisager l’avenir de notre entreprise. A la Halle de Han, nous avons assez de travail mais nous ne savons pas de quoi demain sera fait. Il est donc important de rester en éveil, de prospecter et de saisir de nouvelles opportunités afin de ne pas mettre tous nos œufs dans le même panier, de se diversifier. Il y a donc un équilibre à trouver entre le travail quotidien et les perspectives de développement. Je vais jongler avec mes équipes et être à leur écoute car le travail ne manque pas et il est important de rester vigilant à la surcharge et l’épuisement des troupes. Tout est question de dosage.

En tant que responsable d’entreprise, cette coopération entre nous trois est extrêmement motivante. Sous l’impulsion de SAW-B, nous avons déjà eu 5 à 6 rendez-vous pour faire avancer le projet. On constate qu’on n’est pas toujours dans le même tempo et c’est toujours stimulant de voir ce que les deux autres ont fait, combien et comment ils ont avancé dans leurs démarches. En ce moment par exemple, Patrick (du Futur Simple) est un peu la piqure de rappel qui nous renvoie à ce qu’on doit encore faire nous-mêmes.

Ce projet, c’est un formidable enrichissement. On est réellement dans du partage d’expériences. Nos pratiques, nos caractères, nos environnements sont différents. On apprend chaque fois sur ce que font les autres, comment ils font face à leurs difficultés, les solutions qu’ils ont mises en place… Et il y en a toujours un ou une pour poser une question que les autres ne se sont pas posées ou qu’ils estimaient ne pas être un frein ou une option. Comme par exemple sur la notion de débouchés. C’était une réelle inquiétude pour les deux autres entreprises alors que pour moi, c’était tellement évident de continuer dans mes réseaux existants. Entendre leurs envies, leurs propositions, m’a fait avancer dans mes réflexions. Et, aujourd’hui, je pense comme eux, ne pas rester sur mes acquis et avoir envie de trouver de nouvelles opportunités de commercialisation. Réfléchir ensemble, c’est ne pas s’endormir!» 

 

Et maintenant ?

Actuellement, le projet en est à l’étude du marché. Les entreprises viennent (ou le feront tout bientôt – piqure de rappel 😉) d’envoyer une enquête auprès des clients potentiels.

Elles ont même décidé d’aller un pas plus loin. Elles viennent en effet de postuler à l’appel à projet « bourse coopérative » qui, si elles l’obtiennent, leur permettrait d’étudier la faisabilité de créer ensemble une coopérative. Cette nouvelle structure serait une entreprise d’insertion qui permettrait aux stagiaires ayant terminé leur formation dans les trois EFT, de l’intégrer et d’avoir un réel débouché tremplin.

 

Et si coopérer, était une manière de rester motivé ?

 

– Estelle Mahieu –

©bluebird-unsplash