INTERVIEW – Fondation be.Source – Financeurs et acteurs de terrain, ensemble pour construire de l’impact social.
Depuis plus d’un an, SAW-B accompagne la Fondation be.Source dans une démarche exigeante : mieux comprendre, évaluer et faire grandir son impact social auprès des seniors fragilisés. Un accompagnement multiforme qui, au fil du temps, prend une ampleur nouvelle. De rapport à outil de communication pour dialoguer, sensibiliser, convaincre aussi… il devient peu à peu un outil de pilotage stratégique et un point d’ancrage entre financeurs et acteurs de terrain. Rencontre avec Sophie de Beauregard, directrice de la fondation.
Sophie, qu’est-ce que be.Source ?
be.Source est une fondation privée créée en 2010, devenue fondation d’utilité publique en 2024. Sa mission est de soutenir et fédérer des partenaires qui agissent pour améliorer les conditions de vie des seniors fragilisés. La fondation apporte un soutien financier, une plateforme d’échanges, des formations et un environnement collaboratif. Nos actions s’articulent autour de trois axes : l’inclusion sociale, l’accomplissement et l’autonomie. Nous comptons aujourd’hui 14 partenaires. On peut avoir des entités qui ont des budgets de plusieurs centaines de milliers d’euros face à des organisations qui ont des budgets dix ou vingt fois plus élevés.
Un des axes de travail important pour nous est de favoriser les synergies entre les partenaires pour stimuler une mutualisation, des économies d’échelle, un effet d’entraînement et une meilleure visibilité.
Je trouve que le proverbe « Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin » s’adapte bien à la culture de be.Source.
La Fondation n’est pas active sur deux choses: l’achat de briques et l’aide médicale à proprement dit. En revanche, on peut aider, comme avec Alzheimer Belgique, les aidants proches, mais on ne va pas aider le corps médical. Le projet a été lancé par Henri et Dainé Darenberg. Ils ont choisi de se concentrer sur les seniors, un public qui était jusqu’alors peu soutenu par les fondations.
Quelle est la différence entre une fondation privée et une fondation d’utilité publique?
Comme fondation d’utilité publique, les dons donnent droit à une réduction d’impôt. La reconnaissance implique, entre autres, davantage de transparence et de rigueur, un réviseur d’entreprise et une meilleure visibilité.
Be.Source et SAW-B collaborent depuis plus d’un an, peux-tu nous en dire plus?
Il y a une volonté, pour la Fondation, d’augmenter son impact, au service de plus de seniors et donc au service de plus de partenaires. Pour rappel, nous ne sommes jamais en lien direct avec les seniors. Nos bénéficiaires sont des organisations à but non lucratif, majoritairement des asbl, mais pas uniquement. Ce sont elles qui sont au service des seniors. Nous avons le souhait de pouvoir toucher plus de seniors au niveau de la population mais aussi géographiquement en s’agrandissant au niveau national dans un premier temps, et internationalement à moyen terme. Pour atteindre ces objectifs, il est nécessaire d’augmenter les moyens financiers notamment par une levée de fonds vis-à-vis de l’extérieur. Pour la levée de fonds vis-à-vis de l’extérieur, il était essentiel d’avoir une mesure de notre impact. Et c’est là où notre collaboration avec SAW-B avait tout son sens. Le premier but, c’était de pouvoir mesurer notre impact et d’en faire un outil de communication, un outil de levée de dons pour dialoguer, sensibiliser et convaincre. C’étaient les maîtres mots au départ. Au fur et à mesure du travail, on a vu que ça devenait vraiment un outil de pilotage interne avec cette importance de l’appropriation de l’étude d’impact. Il ne s’agit pas simplement d’un rapport, et puis après on voit ce qu’on en fait. Non, il est vraiment question que toute l’équipe puissent s’approprier les données récoltées, les informations qui en ressortent, savoir ce qu’on veut en faire. Ça a une vraie utilité opérationnelle mais aussi stratégique dans les décisions posées avec le Conseil d’administration.
Il y a une réelle volonté de la part des fondateurs et de toute l’équipe de s’améliorer, de s’adapter à ce qui est dit par les partenaires, par les bénéficiaires. C’est essentiel cette capacité de remise en question!
Vous avez choisi de lancer également une évaluation auprès de vos partenaires. Peux‑tu expliquer?
Nous avons proposé une analyse d’impact individuelle à chaque partenaire. Sept organisations ont participé. Une chaîne de valeur a été construite et une récolte de données approfondie a été réalisée. Un workshop commun a permis d’identifier l’impact global de be.Source via ses partenaires.
Tout ce travail évaluatif amène à l’organisation d’un colloque le 23 avril. De quoi s’agit‑il?
Pendant tout ce processus d’évaluation, il nous a semblé évident de partager le résultat de ces évaluations. Le colloque du 23 avril porte sur : « Comment évaluer l’impact social des acteurs œuvrant sur le terrain? ». Il vise à créer des ponts entre financeurs et organisations financées pour savoir comment rendre compte du fruit des actions de ceux qui sont financés et en même temps pouvoir rassurer les financeurs. Parce que les financeurs et les acteurs de terrain ont des attentes et des craintes qui sont assez différentes, qui sont légitimes, mais qu’il faut essayer de rencontrer et pouvoir trouver des chemins d’accord. C’est pour ça, qu’en fin de matinée, nous entendrons ces deux groupes sur ces craintes et ces besoins.
Après le colloque, nous organiserons quatre moments d’échange entre financeurs (privés et publics) et des acteurs de terrain pour chercher à construire des critères communs pour évaluer l’impact qui tiennent compte des réalités de chacun. Cela pourrait permettre aussi de favoriser les liens entre financeurs pour collaborer, par exemple, quand ils financent les mêmes structures.
Dans cet esprit de mutualisation et de recherches de fonds, vous participez au 20 km de Bruxelles. Quel est votre rôle?
Nous avons lancé une participation collective permettant aux partenaires de mobiliser leurs sympathisants aux côtés des nôtres via une plateforme de collecte peer‑to‑peer. En 2023, 250 coureurs ont permis de récolter plus de 40 000 €. Cette année, nous serons près de 400 coureurs. Chacun des participants ouvre une cagnotte et demande à être parrainé pour sa course, dans son cercle très proche. Ça peut être des montants de 5 à 10€ mais aussi des montants plus conséquents. C’est très touchant en fait parce que les sympathisants apprécient cela et nos partenaires ne pourraient pas, pour la plupart, y participer seuls.
L’entièreté de l’argent récolté est ainsi reversé aux partenaires pour développer des projets à destination des seniors fragilisés et/ou isolés.
As‑tu un dernier message pour nos lecteurs?
be.Source souhaite s’agrandir et accueillir de nouveaux partenaires partout en Belgique. Toute organisation active auprès des seniors précarisés ou isolés peut nous contacter. N’hésitez pas!
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